COMMUNAUTÉ Marius Sucevan

TAROM et son budget fictif : quel risque pour les vols de la diaspora.

Radu Miruță, ministre de la Défense nationale et ministre par intérim des Transports, avec la citation sur le budget de TAROM bâti sur des chiffres irréels

150 millions de lei. C’est ce qu’a perdu TAROM au cours des huit premiers mois de 2025, la compagnie d’État qui nous ramène chez nous depuis Rome, Milan, Madrid ou Munich, avec un taux de remplissage des avions plus bas qu’en pleine pandémie. Le syndicat de l’entreprise a demandé, le 21 juillet 2026, la révocation du conseil d’administration, après que le plan de restructuration de TAROM a manqué ses objectifs de rentabilité.

Qu’a trouvé le ministre USR dans le budget de TAROM ?

Radu Miruță, vice-premier ministre et ministre de la Défense nationale, ministre par intérim des Transports et des Infrastructures, a décidé le 22 juillet 2026 de révoquer le directeur général par intérim de TAROM, Bogdan Costaș, en poste depuis le 15 janvier 2026, et de nommer à sa place Cristian Anghel, directeur des opérations au sol chez TAROM depuis 2017. Selon le ministre, la direction exécutive lui a demandé, mois après mois, en tant qu’actionnaire unique au nom de l’État, d’approuver un budget fondé sur un taux de remplissage des avions de 79 %, alors que la réalité était inférieure à 65 %, et sur un prix du carburant de 950 dollars la tonne, alors que l’entreprise en payait effectivement près de 1 500. L’ancien directeur a livré publiquement une autre version de son départ, liée à un désaccord sur la stratégie de l’entreprise : le motif exact de la révocation reste donc publiquement contesté, même si le changement de direction en lui-même est confirmé officiellement.

Cette décision intervient dans le cadre d’un plan de restructuration approuvé par la Commission européenne en 2024, avec une aide d’État pouvant atteindre 95,3 millions d’euros pour TAROM, conditionnée à une réduction de la flotte et du nombre de routes, avec un délai de mise en œuvre fixé à la fin de cette année.

Qu’est-ce que cela signifie pour la diaspora ?

TAROM n’est pas seulement une entreprise d’État en proie à des problèmes de gestion : elle assure des vols directs vers six villes d’Italie, sept d’Espagne, six d’Allemagne et deux du Royaume-Uni, précisément les pays où vivent certaines des plus grandes communautés de Roumains partis à l’étranger. Un budget bâti sur des chiffres fictifs n’est pas un problème comptable abstrait : cela signifie le risque de perdre précisément les liaisons et les fréquences que nous utilisons pour rentrer chez nous pour les fêtes ou quand la famille a besoin de nous, dans une entreprise de toute façon tenue, par le plan approuvé à Bruxelles, de réduire ses opérations si elle ne respecte pas ses objectifs. Ce type de gestion de façade, avec des chiffres gonflés sur le papier pour que tout paraisse en ordre, ressemble beaucoup trop aux raisons qui ont poussé nombre d’entre nous à quitter la Roumanie il y a des années ou des décennies : des institutions qui fonctionnent sur les apparences, pas sur la réalité.

Nous avons déjà écrit sur les efforts de l’USR pour réparer les institutions qui nous relient à la maison, de l’engagement pour une défense plus forte des frontières aux programmes concrets pour ceux qui envisagent de rentrer.

Mon conseil

En tant que Vicepreședinte USR Italia, je pense que le geste du ministre Miruță, refuser de signer un budget qu’il savait irréel, est exactement le type d’exigence que nous devrions réclamer de toute entreprise d’État qui nous ramène chez nous. Peu importe qui occupe le fauteuil de directeur, ce qui compte c’est que l’avion vole plein, à l’heure, avec des billets à un prix raisonnable. Écris-moi si tu as eu des problèmes récents avec des vols TAROM annulés ou retardés : je veux comprendre à quel point l’instabilité à la tête de l’entreprise nous touche, nous qui sommes partis.

Sources et liens

← Retour au journal